50 rue Stanislas 54 000 Nancy 06 07 41 77 62

Découragement et émerveillement

Guido

Le texte de Luc 5:1-11, souvent intitulé « la pêche miraculeuse », est riche d’enseignements, et va bien au-delà d’une pêche qui a vraiment été exceptionnelle.

Un ordre surprenant et déstabilisant

Notons que Jésus intervient quand les pêcheurs ont terminé leur travail, ils sont épuisés par une nuit infructueuse. Jésus intervient au moment où ils ont renoncé à leur activité, pensant qu'il est maintenant trop tard pour prendre quoi que ce soit. C’est à ce moment que Jésus dit à Simon...

«Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher ».

Cette injonction peut paraître insensée, non ? Que signifie-t-elle ? Jésus a-t-il pitié des pêcheurs ? A-t-il connaissance des bancs de poissons qui passent au large ?

Simon est sans doute persuadé que c'est inutile, il accepte pourtant. Il obéit au commandement de Jésus. Pour Simon, la parole de Jésus se fait plus forte que ses évidences, plus sûre que ses doutes, plus impérieuse que son découragement. Et parce que, par la foi, ou du moins par sa confiance dans le Maitre, il a su dépasser les limites de son bon sens. Ce choix illustre le combat de la foi : croire en la parole de Jésus plutôt qu’en ses propres certitudes.MainCadeauEtincelles

Nous aussi, après avoir raté un projet, une relation, une affaire…, nous pouvons nous sentir vides et découragés. Pourtant cela peut être l'instant choisi par Jésus pour nous dire de jeter à nouveau le filet, en comptant sur lui ! Il n’est jamais trop tard pour Dieu.

La réussite qui engendre la crainte

Après une nuit de labeur infructueux et des filets vides, c’est l'instant du miracle. Une si grande quantité de poissons est retirée de la mer que le filet se déchire et que les bateaux s'enfoncent!

Simon n’a jamais vécu une pareille situation. Le résultat miraculeux le déstabilise. Il a soudain la conviction qu’il est en présence de Dieu. Face à la puissance de Jésus, Simon est saisi de stupeur et de crainte : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur. » Il reconnaît la majesté divine, mais aussi sa propre indignité. Tout à l'heure, Simon lui disait Maître, maintenant, il l'appelle Seigneur. Il a bien perçu la majesté de Dieu en Jésus, mais c’est encore, pour lui, une majesté qui éloigne : il imagine qu’il faut mettre une distance entre l'homme indigne et Dieu.

N’en est-il pas de même pour nous tous lorsque nous nous trouvons face au Créateur de l’univers et qu’Il nous rappelle nos limites et nos faiblesses ? Dieu, qui est tout autre, est aussi le tout proche. C'est pourquoi Jésus écarte la peur : n'aie pas peur ! S’il est vrai que nous ne méritons nullement de rencontrer Dieu, il y a la voix de Jésus qui nous dit comme à Simon Pierre « n’aie pas peur ».

La naissance d’une nouvelle vocation

Jésus, loin de repousser Simon, le rassure et lui confie une mission : « désormais, ce sont des hommes que tu prendras. »

Ce passage montre que Dieu ne cherche pas à nous écraser par sa sainteté, mais à nous relever et à nous associer à son œuvre. Simon va continuer de naviguer
et de pêcher mais il change de bateau. Embarqué sur le grand navire "Église", il a pour mission de travailler désormais au salut de l’humanité.

Finalement, ce récit nous concerne tous : écouter la parole de Jésus, reconnaître ses signes dans notre vie, accepter son appel. Aujourd'hui encore la Parole de Dieu veut nous mettre en mouvement! À l’instar de Simon, acceptons, dans la confiance, de partir au large, de donner de Ia largeur à nos vues étroites et d'élargir notre existence au service et au don de soi. L’essentiel est de laisser le Christ nous conduire en haute mer jusqu’où il veut. La pêche suivra, à l'heure de Dieu.